Tout commence en 1980.
A l'époque, j'avais 7
ans et mon petit frère en avait 5.
Mes parents se séparent
au bout de 5 ans de mariage, à la demande de mon père qui
engage une procédure de divorce pour pouvoir s'installer avec sa
maîtresse. Notre garde est accordée à ma mère
avec un droit de visite accordé à mon père un week-end
sur deux et la moitié des vacances.
Et c'est là que commence
le cauchemar pour moi puisque ma mère, sous l'influence de sa propre
mère qui n'a pas accepté que mon père s'installe avec
sa maîtresse et "abandonne" (comme elle dit) ses enfants, commence
à nous manipuler quotidiennement pour que l'on croie que notre père
est un monstre et qu'il n'a jamais aimé ses enfants. Je commence
à croire les belles paroles de ma mère et à penser
effectivement que mon père nous a délaissés et ne
pense plus à nous.
L'impact des paroles de ma mère
à l'époque n'a pas la même incidence sur mon frère
que sur moi, car il est plus jeune. C'est pourquoi lui va passer les week-ends
en visite chez mon père, mais moi, très vite, je refuse d'y
aller. Je me souviens du fameux samedi matin quand ma mère, s'étant
aperçue de mon changement d'attitude vis-à-vis de mon père,
fait venir un huissier qui se cache derrière la porte de l'appartement
et assiste à la scène de refus catégorique de vouloir
partir avec mon père. Celui-ci ne comprend pas mon attitude et reste
interloqué. Je fais une crise de larmes, il insiste pour m'emmener,
mais l'huissier, voyant la situation s'envenimer, montre sa présence
et annonce à mon père, très surpris de sa présence,
que celui-ci se voit retirer le droit de garde me concernant puisque c'est
mon souhait.
Ma mère, très heureuse
de voir que son plan a bien fonctionné, est satisfaite. Mon frère,
lui, continue à aller régulièrement chez mon père
pendant environ 2 ans, puis il grandit et ma grand-mère continue
à dénigrer mon père et l'inévitable arrive
comme pour moi, mon petit frère pendant un week-end, à la
demande de ma grand-mère, "se sauve" de chez mon père lors
d'un petit moment d'inattention, et se rend au point de rencontre que lui
ont donné ma mère et ma grand-mère. Celles-ci le déposent
au commissariat du quartier afin de faire constater sa fugue. Suite à
cet événement, le juge décide de retirer définitivement
la garde de mon frère à mon père. puis, plusieurs
années passent. Nous grandissons et, à l'âge de 12
ans, mes grand-parents paternels font la démarche de contacter ma
mère car ils souffrent de l'absence de leurs petits-enfants et l'implorent
de les laisser nous voir. Ma mère accepte de nous laisser aller
chez eux, mais je dois préciser qu'elle le fait car ces derniers
ne voient plus leur fils depuis le divorce. Il n'y a donc aucune chance
pour que mes grands-parents nous mettent en présence mon père.
Mais ce qu'elle ne sait pas, c'est que mes grands-parents, très
neutres dans l'affaire du divorce, contrairement à ma grand-mère
maternelle, vont nous apprendre la vérité sur les circonstances
du divorce et nous ouvrir les yeux quant aux mensonges qui nous ont été
racontés sur le comportement de notre père. Je commence donc
à comprendre les manigances de ma mère pour que l'on déteste
à vie notre père.
Le temps passe, mon frère
à l'adolescence commence à avoir de mauvaises fréquentations
et, ma mère n'ayant plus d'emprise sur lui, décide de le
confier à ma grand-mère maternelle qui continue à
dénigrer sans cesse mon père et l'inévitable arrive.
Mon frère fait une grave dépression et se trouve placé
dans un hôpital psychiatrique. Cela est dur pour moi à vivre
car sous l'emprise des cachets, il en est réduit à l'état
de légume. Depuis, il en est sorti, a construit une famille, mais
reste affectivement très fragile.
Moi, j'ai réussi à
surmonter ces épreuves mais depuis peu le cauchemar recommence car
j'ai renoué le contact avec mon père, un grand moment de
ma vie, mais alors que j'ai 26 ans, ma mère me demande encore de
choisir entre elle et mon père, alors que mon seul souhait est de
garder les deux, car leur histoire ne me concerne pas et tout ce que je
demande c'est l'affection des deux afin d'avoir une vie harmonieuse et
équilibrée.